CONNECTEZ VOUS
2023 -9o6

Analyse du simple Homme

La partie en simple est composée de multiples échanges intermittents. La durée des échanges et de repos entre celles-ci est variable.
Nous avons analysé la demi-finale aux Jeux olympiques de Pékin opposant Lee Chong Wei de la Malaisie à Lee Hyun-il de la Corée.

Ce match est très représentatif de tous les aspects du jeu.
Les deux joueurs sont de même niveau et la rencontre va à la limite.

1- Durée de la partie 63 minutes
2- Nombre de manches jouées 3
3- Nombre d’échanges 107
4- Durée moyenne des échanges 10,3 secondes
5- Durée moyenne des pauses entre les échanges 21,7 secondes
6- Volant en jeu 18,4 minutes
7- Nombre de coups dans la partie 1153 coups

Répartition de l’âge de joueurs de simple masculin aux Jeux olympiques de Pékin

Nous pouvons observer que 66 % des joueurs de simple ont entre 23 et 26 ans.
L’âge optimal pour atteindre les Jeux olympiques en simple est de 25 ans.

Nous constatons que 63% des joueurs de simple aux jeux de Pékin mesuraient entre 1,68 m et 1,77 m.
Cependant, il est évident que la grandeur ne joue pas un rôle primordial, puisque l’échantillon est assez étendu contrairement à l’âge vu plus haut.
La médiane se retrouve à 1,79 m.

Répartition de la grandeur en mètres des joueurs de
simple masculin aux Jeux olympiques de Pékin

Nous constatons que 63% des joueurs de simple aux jeux de Pékin mesuraient entre 1,68 m et 1,77 m.
Cependant, il est évident que la grandeur ne joue pas un rôle primordial, puisque l’échantillon est assez étendu contrairement à l’âge vu plus haut.
La médiane se retrouve à 1,79 m.

Répartition du poids en kilogramme des joueurs de
simple masculin aux Jeux olympiques de Pékin

Nous pouvons voir que la plus grande proportion des joueurs pèsent entre 65 kg et 70 kg, ce qui est relativement léger pour des hommes. La médiane se retrouve à 70 kg.

Lee Hyun-il (Corée)
1,76 m / 67 kg / 28 ans

Portrait type du joueur de simple idéal

Les filières énergétiques

Il est difficile de mesurer l’intensité de la partie.
Cependant, en fouillant dans la littérature, nous avons trouvé des données intéressantes en ce qui concerne les filières énergétiques.
Selon Chin, Alison et al1, il est estimé que 60% à 70% de l’énergie est produite par les mécanismes aérobies, contre 30 % à 40% anaérobie.
Ils se sont entre autres servis d’une étude faite par Lei RR Deng, Lu LF et al2 lors du championnat provincial à Hong Kong en 1992, pour démontrer que le taux de lactate sanguin lors d’une partie de badminton intense se situe aux alentours de 4mmol.
Leur protocole de façon sommaire était de placer six lumières à des endroits stratégiques sur un terrain de badminton.
Les lumières allumaient de façons aléatoires à une fréquence déterminée.

Le joueur devait se déplacer selon le déplacement de badminton en revenant au centre du terrain entre chaque lumière.
Le taux de lactate était pris 45 secondes après le palier de 3 minutes et à la toute fin, après 1 minute de repos passif et 3 minutes de repos passif.
Le rythme du premier palier était de 16 lumières à la minute.
À chaque palier, la fréquence augmentait de 6 lumières. Étant donné qu’ils considéraient que la partie de badminton se jouait aux alentours de 4mmol (seuil anaérobie), ils ont conclu que le joueur qui atteindrait 4mmol de lactate au palier le plus haut était le joueur ayant la meilleure forme spécifique à la partie de simple au badminton.
Le joueur qui voyait ses fréquences cardiaques descendre près des valeurs de repos le plus rapidement après le test était également un des facteurs déterminants de la forme spécifique.

Suite à l’analyse de la partie de badminton ci-haut mentionné, il est difficile de croire que la lactatémie soit aussi basse que dans l’étude mentionnée plus haut.
Bien qu’il soit difficile de quantifier l’intensité, durant la partie, les joueurs doivent chacun frapper 1 coup au 2 secondes, en couvrant un espace de 20 pieds par 22 pieds, en exécutant des changements de direction, des sauts et des fentes dynamiques et des déplacements bas, ce qui est très exigent. Nous savons également que le pic de lactate apparaît plus de 4 minutes après l’effort.

Une autre étude conduite par Omosegaard3 du Danemark prétend que le système anaérobie alactique et lactique livre 90% de l’énergie nécessaire aux muscles, mais que le système aérobie est responsable de soutenir les systèmes.

1 Ming-Kai Chin, Alison SK Wong et al. Sport specific fitness testing of elite badminton player, Hong Kong
2 Lei RR, Deng SX et al. Study on the physiological function, physical quality and mental characteristics of the Chinese badminton players
3 Omosegaard BO, Design of training using scientific Data, a practical approach as a National Coach

Cette étude semble plus logique, si nous regardons la partie analysée plus haut, puisque le ratio travail repos est de 1 pour 2, soit des efforts de 10 secondes par rapport à 20 secondes de repos actifs.
La demande de l’épreuve que nous verrons plus bas, soit des sauts dynamiques, des fentes dynamiques, des changements de direction et des déplacements bas, semble demander une sollicitation des fibres rapides, donc de la puissance anaérobie alactique, de la capacité anaérobie lactique, de la puissance anaérobie lactique et de la capacité anaérobie lactique.
Le système aérobie est également important, puisque la partie peut durer jusqu’à 70 minutes.
Dans les trois recherches mentionnées plus haut, les auteurs s’entendent sur la VO2 max des joueurs.
Du côté du Danemark, le champion des jeux d’Atlanta Poul-Erik Hoyer Larsen, la VO2 max sur tapis roulant était de 66,2 ml/kg/min.
Dans la recherche de Hong Kong, ils prétendent que dans la même année, le champion du All England avait une VO2 max de 63,4 ml/kg/min.

Nous pouvons donc conclure qu’un bon joueur de simple doit exceller dans tous les systèmes énergétiques, puisque les valeurs mentionnées plus haut sont tout de même assez élevées pour un sport intermittent.

Il faut cependant prendre note que ces études sont vieilles de 15 ans.
La partie a beaucoup évolué, les joueurs sont plus rapides, les raquettes sont plus performantes et très importantes, le système de pointage a changé de façon considérable la gestion du match.
Le nouveau système de « rallye point », limite la partie à 177 échanges, plus souvent de 70 à 100 et les parties dépassent rarement 1 heure, ce qui favorise la vitesse du jeu.

Si nous observons plus bas les échanges 23 et 25 qui ont duré respectivement 48 secondes et 50 secondes, nous pouvons observer que le repos après ces échanges était plus long que l’échange lui-même et les échanges suivants n’ont pas été très longs, bien que leur repos était de l’ordre de 1 pour 3 à 1 pour 5.
Nous pouvons en conclure que la vitesse de la partie demande une puissance et une capacité anaérobie hors du commun et que sans une période de repos suffisante, les échanges sont moins longs.
Un autre élément qu’il faut considérer est qu’une pause est accordée après 11 points et après chaque manche.
En regardant les chiffres plus bas, nous observons que les joueurs ont joué 17 échanges d’une moyenne d’environ 10 secondes avec un ratio de 1 pour 2 avant de prendre une pause de 63 secondes.
La pause de 63 secondes permet une récupération partielle du système anaérobie, qui permettra au joueur de reprendre les échanges suivants en vitesse et explosivité.
Donc, après un maximum de 20 échanges, les joueurs ont toujours droit à cette pause, qui fait en sorte que le système anaérobie prédomine sur le système aérobie.

• Des actions courtes à moyenne (2 secondes à 45 secondes : moyenne de 10 secondes) et d’intensité très élevée.
• Ratio travail repos de 1 pour 2
• Des démarrages rapides dans toutes les directions
• Des changements de direction rapides
• Des sauts dynamiques, plus de 60 cm
• Des fentes dynamiques
• Des déplacements bas et rapides en tout temps
• Des attaques en suspension

Le joueur de simple doit démontrer

• Une grande force maximale
• De l’explosivité (force-vitesse) caractérisée par un démarrage brusque, un changement de direction soudain, un saut, etc.
• Une force-vitesse/d’endurance
• Une bonne vitesse de réaction
• Une endurance spécifique (puissance et capacité anaérobie et aérobie)
• Une VO2 max d’au moins 60 ml/kg/min
• Un développement optimal des habiletés motrices (agilité, coordination, équilibre dynamique, orientation spatio-temporelle, etc.)
• Une bonne flexibilité (fente, autour de la tête, attaques en puissance)
• Une lecture rapide du moment de jeu couronnée par une prise de décision appropriée à la situation temporaire

« Analyse tactique sommaire »
partie entre Lee Chong Wei et Lee Hyun-il

Service Fond de terrain Réception de service court Mi-terrain / défensive Jeux de filet
a. Court (90%)
b. Flick (9%)
c. Long (1%)
a. Dégagé offensif (30%)
b. Demi-smash / clip (35%)
c. Amorti rapide (15%)
d. Smash (15%)
e. Dégagé défensif (5%)
a. Flick (50%)
b. Coup de filet (40%)
c. Drive (au corps)(10%)
a. Remise au filet (55%)
dont 60% croisé,
40%parallèleb. Remise en fond de terrain
(drive, flick)(45%)
a. Coup de filet ou spin parallèle (30%)
b. Croisé de filet (15%)
c. Flick Parallèle (15%)
d. Flick croisé (30%)
e. Dégagé défensif (10%)

Si on regarde de plus près ces résultats, on réalise que les joueurs servent court à 90% du temps.
Ce qui nous indique que l’on ne veut pas donner l’attaque du fond de terrain à l’adversaire.

Par contre, la réponse au service court est variée (fond 50% et filet 40%). Ceci force l’adversaire à rester en position neutre.

Pour ce qui est du travail en fond de terrain, les athlètes attaquent (volant dirigé vers le bas) à 65% du temps. Tout comme pour le service court, on préfère garder l’attaque plutôt que la céder à l’adversaire. Il ne faudrait pas oublier le 30% de dégagé offensif. Ce type de coup a pour effet de
forcer l’adversaire à couvrir l’espace situé derrière lui.

Enfin, pour ce qui est de la défensive (55% au filet et 45% au fond) et des coups au filet (60% au filet et 40% au fond), les athlètes utilisent de façon variée tout l’espace du terrain.

Notons cependant une constante, 60% du temps, le volant est remis au filet. Encore une fois, les joueurs utilisent des coups pour garder l’attaque.

Conclusion
Les joueurs du plus haut niveau doivent contrôler la technique de service court et des réceptions.
On veut aussi garder l’attaque.
De plus, les joueurs maîtrisent toutes les techniques de coups de façon à garder leurs adversaires dans l’indécision. On veut, par une technique de coup retenu (au fond et au filet), diminuer toute forme d’anticipation chez l’adversaire.

Analyse du simple Homme - olivierfossy